Bon, après les pérégrinations cindysandersienne, un peu de culture, ou de littérature en l'occurence ne fera pas de mal, en plus, j'avais parlé de cet article hypothétique sur
Lunar Park à
la création de ce blog. Donc, au boulot.
Pas évident, j'ai rendu le bouquin à la médiathèque il ya déjà quelques temps, du coup , pour les citations, ça ne va pas aider.
Alors, la trame du roman, Easton Ellis joue le coup de l'autobiographie matinée de fantastique, l'auteur et son double, le romancier confronté à la fois à ses personnages de fiction et à son double
médiatique.
On retrouve
Patrick Bateman, l'
American Psycho en personne, tout au moins son ombre dans ce livre, et on en apprend ( moi, en tout cas je ne le savais pas )un peu plus sur la génèse
de ce personnage dérangeant et dérangé. Si l'on vous dit, enfin c'est lui qui l'affirme, que Ellis s'est inspiré de son père pour créer Bateman, y a de quoi s'interroger.
Mais on est dans la fiction. Tout au long du récit, Ellis brouille les lignes entre sa vie réélle, et l'autobio fabulée et fantasmée, la lardant de clins d'oeils fantastico gores sortis tout
droit ou presque de "
La Part des Ténèbres" de
Stephen King.
La part fantastique de côté, Easton Ellis nous sort la génèse de l'écrivain, assorti du name dropping qui est sa marque de fabrique. Entre deux fêtes cocaïnées, on croise son "
Toxic Twin"
Jay Mac Inerney, des stars hollywoodiennes, le tout sur fond d'ascension médiatique du bonhomme.
Amusant de constater les similitudes entre le personnage de
David Duchovny dans
Californication et le véritable
Brett Easton Ellis ; un David Duchovny d'ailleurs souvent cité
dans ce livre et ami de l'écrivain. De là à penser que la série ait été quelque peu inspirée par le livre.
Pour l'écriture en elle même, Ellis le déclare dès le début, faisant une comparaison de l'intro de tous ses romans, il a voulu revenir à un style moins ampoulé, plus sec, nerveux, moins de figures
de styles. Si l'écriture est plus sèche, plus fluide, elle n'en est pas moins toujours aussi efficace et reconnaissable.
À l'arrivée, contrairement à certains critiques, si je suis d'accord sur le côté fin de cycle de ce roman, l'écrivain démolissant lui même sa statue littéraire, je ne pense pas que Lunar Park soit
le "
plus grand roman" d'Easton Ellis,
Glamorama était peut être très chargé, à tous les sens du terme, il reste ébouriffant même s'il est, volontairement ou non, confus et
American Psycho reste l'oeuvre marquante du bonhomme. Il n'en reste pas moins que ce livre reste un très bon livre (bon, j'ai pas trop aimé la fin mais ça c'est perso), fin et roublard.
Une lecture à conseiller
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